Histoire immédiate - Le diable de la république : 40 ans de Front National

 Mercredi 30 novembre 2011 - France 3 - Documentaire  - S'abonner à sondageonstvcom sur Twitter -  

 

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Découvrez la critique TV du téléfilm « Histoire immédiate  :  Le diable de la République, 40 ans de Front National » mercredi 30 septembre à 20h35 sur France 3. Présenté par Samuel Étienne.

 

 

Un film écrit par Grégoire Kauffman et Emmanuel Blanchard. Réalisé par Jean-Charles Deniau et Emmanuel Blanchard. Production : Program 33, en coproduction avec l’INA, avec la participation de France Télévisions.

En 2012, le Front National portera, pour la sixième fois, la candidature d’un Le Pen  aux élections présidentielles. Un scrutin en forme de passage de témoin entre Jean-Marie, le chef charismatique, et sa fille Marine, qui affiche crânement son ambition : conquérir le pouvoir.

Le groupuscule fondé par Jean-Marie Le Pen en 1972 est aujourd’hui le troisième parti de France. Jamais parti d’extrême droite n’avait connu une telle longévité.

Raconter cette histoire, c’est faire revivre une saga politique riche en intrigues et en rebondissements, de la traversée du désert des années 1970 à l’envol des années 1980, de l’affaire du « détail » au duel avec Bernard Tapie, de la rupture avec Bruno Mégret au coup de théâtre du 21 avril 2002. Avec les zones d’ombre, combines et petits arrangements entre amis d’un parti décidément pas comme les autres : argent, barbouzeries, tractations avec la secte Moon, communauté d’intérêts avec François Mitterrand et rendez-vous secrets avec Jacques Chirac…

Une histoire jalonnée d’attentats et de morts mystérieuses, marquée par les rapports contrariés, ambivalents, tortueux, de Jean-Marie Le Pen avec son propre camp, et avec le pouvoir. Un pouvoir que le chef du Front national, contrairement à sa fille, n’a jamais cherché à conquérir. A coups de scandales et de provocations, Le Pen a cultivé avec délectation son image de « Diable de la République », refusant obstinément toute stratégie susceptible de transformer le FN en parti de gouvernement. Un héritage lourd à assumer pour sa fille Marine, qui prétend aujourd’hui incarner un parti « présentable »…

Le diable de la République n’est pas une nouvelle biographie de Le Pen mais un film consacré aux quarante ans d’histoire du Front national. De l’année 1972, où les militants du groupuscule fascisant Ordre Nouveau proposent à Le Pen de prendre la tête de leur formation, jusqu’à l’intronisation de Marine Le Pen, l’histoire du FN est rythmée par les rivalités, les trahisons, les querelles d’égo et les divergences stratégiques.

Au fil du documentaire, se dessine l’histoire d’un parti qui entre progressivement en opposition avec son chef. Le Pen a été la chance de son parti, il en devient vite le principal handicap…

Parmi les temps forts de cette histoire, l’attentat qui frappe le domicile des Le Pen en novembre 1976. Le témoignage d’un détective privé qui a enquêté à l’époque propose un nouvel éclairage, qui relierait l’attentat à l’héritage Lambert dont Jean-Marie Le Pen a été le bénéficiaire.

Le documentaire décrypte le jeu trouble de François Mitterrand à l’égard de Le Pen. Les deux hommes comprennent très vite qu’ils ont objectivement besoin l’un de l’autre. Mitterrand, pour diviser la droite et rassembler l’électorat de gauche en favorisant l'émergence d'un pôle antiraciste. Le Pen, pour exploiter la grande peur qu’inspirent à droite les « socialo-communistes », et profiter des retombées médiatiques d’une diabolisation largement orchestrée par l’Elysée.

Pierre Ceyrac, responsable de la secte Moon en France nous raconte le rôle crucial de son organisation dans le financement des campagnes présidentielles et législatives de 1988… une alliance aussi surprenante qu’improbable entre une secte coréenne et le parti d’extrême droite.

Les affaires du « détail » et de « Durafour-crématoire » sont décryptées par des collaborateurs de Le Pen présents pendant et après ces déclarations qui ont fait scandale.

Le film fait revivre les rendez-vous secrets de Le Pen avec Jacques Chirac en 1988, et avec Bernard Tapie en 1993.

La scission mégrétiste est vue de l’intérieur du parti. Racontée par les « conjurés » et leur chef de file, Bruno Mégret.

Le 21 avril 2002, qui surprend et les Français, et Jean-Marie Le Pen, est analysé comme un moment crucial : le pouvoir, dont Le Pen ne voulait pas, semble alors à portée de main… Mais il est aussitôt rattrapé par trente ans d’histoire. A force de s’auto-diaboliser, Le Pen s’est définitivement fermé les allées de la République.

Le vieux chef perd la main et désoriente ses partisans en s’affichant avec l’humoriste Dieudonné. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy siphonne méthodiquement son électorat.

Exsangue, le Front national s’ouvre à la succession. Tradition oblige, ce sera une guerre : entre Bruno Gollnisch, le « numéro 2 », et Marine Le Pen, la fille du chef, nouvelle égérie médiatique du Front. Mais le bras de fer était joué d’avance. Car si Le Pen penchait plus volontiers vers les idées de Gollnisch, il n’a jamais envisagé le parti autrement que comme sa propriété. Sa fille sera donc l’héritière. Mais Marine n’a pas le même rapport au pouvoir que son père, ni sa culture contestataire ancrée dans la tradition de l’extrême droite. La « dédiabolisation » du FN est en marche…

Le Pen, l’homme qui ne voulait pas du pouvoir

Le Pen, un loser ? Difficile à dire d’un homme qui a fait d’un petit groupuscule fascisant le troisième parti de France, d’un homme qui a su imposer puis verrouiller les thèmes de l’immigration et de la sécurité qui sont, depuis 1995, au centre des débats politiques.

Mais à y regarder de plus près, on observe qu’à chaque fois qu’il s’est approché de la réalité du pouvoir, Le Pen a fait un pas de côté, se mettant délibérément au ban de la classe politique, à coup de provocations dont il a le secret : affaire du « détail », « sidatorium », « Durafour-crématoire »… Jean-Marie Le Pen a construit et cultivé avec délectation son image de « Diable de la République », refusant obstinément toute stratégie susceptible de transformer le Front National en parti de gouvernement. Comme si, pour lui, le FN ne pouvait exister et durer que dans l’opposition, c’est-à-dire à l’écart du pouvoir.

Cette phobie du pouvoir plonge ses racines dans la tradition contestataire de l’extrême droite française. Arc-bouté sur ses thématiques simplistes, proposant des slogans en guise de programme, l’épreuve du pouvoir serait, pour le FN, la certitude d’un échec.

Les intervenants

L’histoire du Front national nous est racontée par des intervenants qui en ont tous été les acteurs ou les témoins. Membres du parti, adversaires déclarés, observateurs attentifs, ils parlent ici sans langue de bois.

Jean-Marie Le Pen

Marine Le Pen

Jean-Marie Le Chevallier : ancien giscardien, ami de Le Pen et cadre du FN devenu maire de Toulon en 1995.

Alain Jamet : membre fondateur du Front National.

Roger Holeindre : membre fondateur du Front National.

Franck Timmermans : ancien militant d’Ordre Nouveau, il devient cadre du FN avant d’être exclu au moment de la scission mégrétiste.

François Brigneau : membre fondateur du Front national, éditorialiste à Minute et National Hebdo.

Pierre Ceyrac : responsable de la secte Moon en France et député du Front national en 1986.

Lorrain de Saint-Affrique : conseiller de Jean-Marie Le Pen entre 1984 et 1994.

Bruno Mégret

Jean-Yves Le Gallou : ancien membre du Parti républicain passé au FN avec Bruno Mégret qu’il soutient au moment de la scission.

Pierre Vial : membre du GRECE, représentant des néo-païens, Pierre Vial est une figure de l’extrême droite française. Il rejoint le FN avant d’en être exclu au moment de la scission mégrétiste.

Bruno Gollnisch

Carl Lang : entré au FN en 1978, il entre en conflit avec Marine Le Pen et quitte le parti.

Jean-Claude Martinez : venu du RPR, il est l’un des députés FN élus en 1986.

Jean Pierre Chevènement

Julien Dray

Alain Krivine

Roland Dumas

Lionel Jospin

Michel Rocard

Malek Boutih

Alain Duhamel

Antoine Méléro : détective privé engagé par Jean-Marie Le Pen en 1976 pour enquêter sur l’attentat de la villa Poirier contre la famille Le Pen.

Communiqué de presse France 3 -  14 novembre 2011 - www.sondageonstv.com

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