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Découvrez le documentaire « Apocalypse Hitler » d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Réalisé par Isabelle Clarke. Commentaires de Mathieu Kassovitz. Musique de Kenji Kawai. Mardi 25 octobre 2011 à 20h30 sur France 2. Un documentaire en deux parties : La Menace (20h35), Le Fürher (21h30). Interview d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Audience
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Documentaire. Une série documentaire de Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Réalisé par Isabelle Clarke. Commentaires de Mathieu Kassovitz. Musique de Kenji Kawai. Produit par CC&C Clarke Costelle et Cie. Avec la participation de France Télévisions, CNC, National Geographic Channels International, Télé-Québec, RTBF, SVT, Planète + et TV5 Monde.
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LA MENACE - 20h30 - France 2 - Mardi 25 octobre 2011 |
Adolf Hitler écrit en 1924 : « Un Etat qui refuse la contamination des races doit devenir un jour le maître de la terre » Rien ne prédestinait cet homme, né le 20 avril 1889 dans un petit village autrichien d’une union consanguine, à devenir un jour le Führer, le dictateur de l’Allemagne. Elève médiocre, couvé par sa mère, puis artiste raté et solitaire, il fuit le service militaire en 1913. L’expérience de la Première Guerre mondiale et l’humiliation de la défaite vont métamorphoser Hitler, faire de lui un nationaliste exacerbé, habité par une vision et investi d’une mission : sauver l’Allemagne. Le pays est secoué par des convulsions révolutionnaires. C’est alors qu’Hitler, à tout juste 30 ans, fait son entrée en politique. Très vite repéré pour ses talents d’orateur, il devient le porte-parole d’un des nombreux groupuscules d’extrême droite, le DAP. Galvanisé, le public des brasseries de Munich applaudit son fanatisme nationaliste et antisémite. Alors que l’Allemagne sombre dans une inflation galopante, Hitler, aveuglé par son succès, tente, en 1924, un putsch avec ses miliciens, les SA. C’est un fiasco. Il échappe de justesse à la mort et son nom retombe dans l’oubli. Du fond de sa cellule, Hitler écrit le livre de la haine, Mein Kampf (Mon combat). A sa sortie de prison, il repart à la conquête du pouvoir, cette fois par la voie légale. Mais les Allemands ne s’inquiètent pas. Hitler n’est alors pour eux qu’un illuminé aux marges de la vie politique allemande.
Communiqué de presse France 2 - 20 septembre 2011 - www.sondageonstv.com
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LE FÜRHER - 21h30 - France 2 - Mardi 25 octobre 2011 |
Documentaire. Une série documentaire de Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Réalisé par Isabelle Clarke. Commentaires de Mathieu Kassovitz. Musique de Kenji Kawai. Produit par CC&C Clarke Costelle et Cie. Avec la participation de France Télévisions, CNC, National Geographic Channels International, Télé-Québec, RTBF, SVT, Planète + et TV5 Monde.
1929. L’Allemagne, touchée de plein fouet par la crise économique mondiale, s’enfonce dans le désespoir. Une chance inespérée pour Hitler. Avec son chef de la propagande, Joseph Goebbels, il conçoit une campagne ultramoderne, sillonne le pays en avion pour marteler ses slogans antidémocratiques. Et joue au pompier pyromane. Ses milices, les SA, sèment le désordre. Les affrontements sanglants entre nazis et communistes font rage. Le pays est au bord de la guerre civile. La peur du "péril rouge" va pousser des millions d’Allemands dans les bras d’Hitler. La démocratie est en danger, et il n’y a personne pour la sauver.
En 1932, le président Hindenburg, réactionnaire et monarchiste, ne digère pas de devoir sa réélection au soutien des sociaux-démocrates, prêts à tout pour contrer la menace hitlérienne. Le vieux maréchal dissout le parlement pour se débarrasser de ces alliés gênants. Résultat : le parti nazi, qui n’était qu’un petit parti régional quelques années auparavant, devient la première force politique du pays. Hitler devient chef du gouvernement. Et les élites, empressées de mettre fin à la République honnie, laissent faire. Elles se méfient de cet aventurier politique aux méthodes brutales, mais croient pouvoir "encadrer" Hitler. Grave erreur ! Hitler se fait voter les pleins pouvoirs et la dictature nazie étend son ombre maléfique sur l’Allemagne : ouverture des camps, persécution des opposants, discrimination violente des juifs, prélude à la Shoah. Hitler est devenu le Führer. Il dit qu’il veut la paix. Mais il prépare la guerre. Ce sera l’Apocalypse.
Communiqué de presse France 2 - 20 septembre 2011 - www.sondageonstv.com
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AUDIENCE - APOCALYPSE HITLER - MARDI 25 OCTOBRE 2011 |
Communiqué de presse France 2 - 26 octobre 2011 - www.sondageonstv.com
Leurs œuvres sont le fruit d’une rencontre unique. Isabelle Clarke et Daniel Costelle, unis depuis 20 ans par une passion commune pour l’Histoire, ont réalisé en tout près de 200 émissions, dont certains documentaires parmi les plus marquants de ces dernières années. Rencontre.
Ce nouveau projet s’inscrit dans la droite ligne d’Apocalypse, la 2ème Guerre mondiale, qui a été couronnée d’un immense succès international. Comment avez-vous vécu la réception de la série ?
Isabelle Clarke : A vrai dire, nous ne nous attendions pas du tout à un tel succès. Après tout, cette série s’inscrit simplement dans la démarche documentaire que l’on poursuit patiemment depuis vingt ans, film après film. Mais là, l’ampleur du projet, l’originalité du traitement – à la fois grandiose et intime – et la gageure qui consistait à donner une vision globale et complète du conflit en six épisodes ont davantage marqué les esprits. Nous en sommes évidemment très heureux et fiers. Surtout, la série a été grandement suivie et appréciée par les jeunes qui ont pu, à cette occasion, découvrir et comprendre ce qu’était la Seconde Guerre mondiale et comment leurs aînés l’avaient vécue. Il y a ainsi eu une sorte de rassemblement, de transmission, d’une génération à l’autre, autour d’Apocalypse.
Daniel Costelle : Ce succès ne cesse de nous étonner et de nous réjouir. La série a obtenu de nombreux prix dans le monde et continue de susciter des commentaires qui nous touchent énormément. Apocalypse, la 2ème Guerre Mondiale a été diffusée dans 165 pays : du Japon à l’Allemagne, des USA à la Grande Bretagne, des pays nordiques au bassin méditerranéen, sur National Geographic et jusqu’en Chine où, sur la CCTV-Documentary, la série a réalisé la meilleure audience de la chaîne en 2011.
Une
chaîne de 900 millions d’abonnés ! Les chiffres officiels de Médiamétrie
annoncent une moyenne de 17 millions de téléspectateurs sur l’ensemble de la
série. Ce qui veut dire que plus de 100 millions de téléspectateurs ont vu au
moins un épisode. Apocalypse, la 2ème Guerre mondiale est ainsi la série
documentaire la plus vue de tous les temps ! Ce succès phénoménal nous encourage
à continuer dans cette voie, à décliner le principe d’Apocalypse sur d’autres
projets de même envergure, parcourant ainsi toute l’histoire du XXe siècle, de
la Grande Guerre à la guerre froide, en passant donc par la Seconde guerre
mondiale et, ce qui nous occupe aujourd’hui, la montée au pouvoir d’Hitler…
Comment définiriez-vous Apocalypse ?
Isabelle Clarke : Comme une façon particulière de raconter l’Histoire. A savoir : à hauteur d’hommes, en construisant un film – au sens le plus cinématographique du terme – uniquement à partir d’images d’époque. Ainsi, de même que le premier volet faisait pénétrer le téléspectateur à la fois dans la tête des grands chefs et dans celle des victimes de la Seconde Guerre mondiale, ce deuxième volet dresse un portrait d’Hitler en se plaçant du point de vue des Allemands.
Daniel Costelle : Je dois dire que cette dimension humaine est un apport majeur d’Isabelle Clarke, de son regard de femme et de réalisatrice sur toute cette matière historique. A l’origine, le projet d’Apocalypse, la 2ème Guerre mondiale était essentiellement de revisiter, de moderniser la série Les Grandes Batailles que Jean-Louis Guillaud, Henri de Turenne et moi-même avions réalisée dans les années 1970. Grâce à elle, la série a acquis une toute autre dimension, dépassant le seul cadre stratégique et militaire pour porter également le regard sur les anonymes, les sans-grades.
« Les téléspectateurs français vont découvrir le vrai visage de ce monstre. Car il s’agit bien de cela : la création d’un monstre et la mort d’une démocratie. Et cette histoire n’a, jusque-là, jamais été racontée dans un documentaire français. »
Comment est venue l’idée de consacrer ce deuxième volet à Hitler ?
Isabelle Clarke : En travaillant sur le premier volet, à force d’être confrontés quotidiennement à l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, nous étions hantés par cette question : comment tout cela a-t-il été possible ? Apocalypse, Hitler est une réponse. Comment Hitler, cet Autrichien venu de nulle part, a-t-il réussi à conquérir l’Allemagne ? Sur quel terreau a-t-il semé la haine et la violence ? Comment a-t-il fait basculer le monde dans ce que nous avons choisi d’appeler “l’apocalypse” ? Bref, comment Hitler a-t-il été possible ?
Daniel
Costelle : Son accession au pouvoir n’occupait
qu’une infime partie du précédent volet : “Tout bascule en 1933, disions-nous
alors. Hitler et ses lieutenants font main basse sur l’Allemagne par
l’intimidation, la démagogie, l’exploitation de l’amertume des anciens
combattants.” J’ai toujours estimé qu’il nous manquait deux heures pour vraiment
expliciter ces propos. D’où ces deux nouveaux épisodes qui racontent la
véritable histoire d’Hitler. De sa vie, la plupart des gens connaissent surtout
la période 1934- 1945. Là, nous sommes partis à la recherche de quantités
d’images inédites (à peu près 30 % de l’ensemble), comme par exemple celles des
campagnes électorales de 1931, pour dresser le portrait le plus complet
possible. Cet effet d’inédit va se prolonger tout au long des deux épisodes,
tant son histoire est mal connue. De sa naissance en 1889 jusqu’au début de la
dictature en 1934, Apocalypse, Hitler permet de saisir toute la complexité du
personnage et l’évolution des événements jusqu’à sa prise de pouvoir. Les
téléspectateurs français vont découvrir le vrai visage de ce monstre. Car il
s’agit bien de cela : la création d’un monstre et la mort d’une démocratie. Et
cette histoire n’a, jusque-là, jamais été racontée dans un documentaire
français.
Pourquoi revenir aujourd’hui sur le parcours
d’Hitler ?
Daniel
Costelle : Il y a une résonance extrêmement
troublante, frappante même, entre sa “résistible ascension” (pour reprendre
l’expression de Bertolt Brecht) dans les années 1930 et la période actuelle.
Notre documentaire permet de décortiquer tous ces mécanismes, tous ces ressorts,
à la fois stratégiques, idéologiques, médiatiques, capables de porter au pouvoir
un personnage aussi dangereux. Quand il est nommé chancelier, le 30 janvier
1933, il y a encore 200 députés communistes et socialistes au Reichstag, preuve
que personne ne s’est méfié.
Isabelle Clarke : Sans vouloir comparer stricto sensu deux époques différentes,
il est évident que nous ne sommes pas, avec la situation actuelle de crise et de
fragilité mondiale, à l’abri d’une telle montée des extrêmes.
Daniel Costelle : Nous espérons que ce nouveau film servira d’épouvantail en
quelque sorte…
Isabelle Clarke : Oui, car l’Histoire est tout de
même la meilleure école de discernement. Et la réception publique d’Apocalypse
prouve que l’on peut, que l’on doit, s’intéresser à l’Histoire.
Au cours de l’Histoire, Hitler a tour à tour été
présenté comme un être maléfique doué d’une intentionnalité redoutable, et comme
un “dictateur faible”, fruit de l’époque et de la structure qui l’encadrait. En
dévoilant ses ambitions et ses idées tout en rappelant l’importance de son
entourage (comme par exemple l’appui financier des industriels), votre film
croise ces deux approches…
Daniel Costelle : Nous travaillons avec une armée de conseillers qui, avec nous contrôlent chaque image, vérifient chaque argument. D’un point de vue historique, Apocalypse, Hitler est inattaquable. Le parcours que nous racontons a, par ailleurs, une dimension romanesque évidente, tout à la fois shakespearienne, hitchcockienne, spielbergienne. Hitler est un personnage inimaginable, aussi repoussant que fascinant, qui à partir de 1919 n’a jamais laissé la presse en repos.
Isabelle Clarke : Oui, Hitler est indéniablement un “personnage”, guidé par une vision, une ambition démesurée et une détermination sans faille. Mais nous montrons bien aussi toutes ces forces d’extrême droite, nationalistes, impérialistes, racistes, désireuses d’ordre et de sécurité, qui l’ont, en quelque sorte, fabriqué et porté au pouvoir. Il n’était pas seul. Simplement, il était un tribun redoutable, énergique, une sorte de "rock star" avant l’heure qui a fait changer l’Allemagne de siècle. En fait, il a été peu à peu façonné pour finalement enfiler le costume du dictateur. Notre film raconte au fond comment il est devenu Hitler.
Daniel
Costelle : L’historien Ian Kershaw, dont la lecture
nous a été d’une aide précieuse, explique : “Sans la Grande Dépression, sans la
crise de 1929, sans la désintégration des partis bourgeois, libéraux et
conservateurs, Hitler serait resté un illuminé, aux marges de la vie politique.”
Raconter Hitler, c’est aussi raconter l’Allemagne et les Allemands. Comment se
sont-ils laissé à ce point embarquer par ce personnage ? Sans cesse nous
interrogeons leurs réactions, qui nous renvoient inévitablement à nous-mêmes.
Comment aurions-nous fait à leur place ? On voit naître cette séduction
qu’Hitler diffuse autour de lui – notamment auprès des femmes –, cette force de
conviction et cette intelligence maléfique qui finissent par irradier tout un
peuple. Il faut se rappeler que son parti s’intitule “national-socialisme”,
autrement dit le parti de la carpe et du lapin… Difficile de faire plus
démagogique !
D’où votre référence audacieuse au Golem, une
légende hébraïque, pour caractériser Hitler…
Daniel Costelle : Le Golem est ce monstre fait de glaise qui échappe à ses propres créateurs, tout comme Hitler finit par échapper à ceux-là même qui l’ont mis en place. Un peu comme Mussolini a été la figure de proue du fascisme italien, les extrémistes allemands ont voulu s’appuyer sur lui pour monter un régime autoritaire. Mais il les a dépassés tous.
« Le Golem est ce monstre fait de glaise qui échappe à ses propres créateurs, tout comme Hitler finit par échapper à ceux-là même qui l’ont mis en place. »
Comment les deux épisodes, intitulés respectivement La Menace et Le Führer, s’articulent-ils ?
Isabelle Clarke : Il fallait trouver un moyen pour
incarner les idées d’Hitler à l’écran et compenser également le manque d’images
avant 1930. Le premier épisode fait ainsi sans cesse le lien entre ses
intentions et ses décisions futures. On y voit là toutes les conséquences d’une
enfance, d’une éducation, d’une ambition. L’épisode est construit selon des jeux
d’allers et retours entre la formation du jeune Hitler et sa réalisation
politique. Ces grands écarts apparaissent, du coup, très violents. Le second
épisode est plus chronologique car il suit, pas à pas, les grandes étapes de son
accession à la chancellerie à partir de 1929. L’un et l’autre forment ainsi un
tout cohérent, comme un seul et même film.
Comme pour le premier volet, vous avez œuvré à
restituer aux images d’archives leurs couleurs d’origine. Pourquoi ?
Daniel Costelle : Le noir et blanc reste à mon sens une amputation de l’image originelle. Amputation d’information, de donnée, de sensibilité, de lisibilité. Nous avons à l’heure actuelle les moyens techniques et scientifiques pour analyser une image noir et blanc et y retrouver les couleurs présentes au moment de la prise de vue.
Isabelle Clarke : Là encore, tous nos choix sont
validés par nos conseillers historiques et par le fruit de nombreuses
recherches. Par exemple, les films qu’Eva Braun, la maîtresse d’Hitler, a
tournés en couleurs ont constitué une source extraordinairement précise et
fiable. On y voit ainsi qu’Hitler avait les yeux étonnamment clairs.
Lors de la diffusion d’Apocalypse, la 2ème Guerre
mondiale, cette restitution de la couleur avait suscité de vives attaques.
Comment les avez-vous vécues ?
Daniel Costelle :
Peut-être ces attaques sont-elles la rançon du succès… Je me souviens qu’en
2003, Le Monde avait consacré une page complète à notre documentaire sur le
centenaire de l’aviation, Les Ailes des héros. Le journal avait même titré :
“L’Histoire prend des couleurs”, saluant notre démarche. Après Apocalypse, la
2ème Guerre mondiale, les mêmes critiques qui avaient apprécié ce travail
pionnier se sont retournés contre nous. Au nom du respect des images d’archives,
ils s’offusquent que nous puissions leur rendre leurs couleurs d’origine. Pour
moi, leur attitude tient purement et simplement de l’intégrisme. A les écouter,
il ne faudrait montrer que des images brutes, sans tenir compte des spécificités
de la télévision – la couleur, le son et, désormais, le format 16/9e. A ce
compte-là, autant laisser les archives dans les cinémathèques et ne plus faire
le moindre documentaire historique !
Isabelle Clarke : J’ai l’impression que, au-delà de la question de la couleur qui a focalisé les débats, ces critiques se refusent à comprendre notre démarche d’ensemble, qui tient du geste artistique. Au fond, ils détestent ce que l’on fait de l’Histoire, cette manière de nous emparer des images d’archives, de leur redonner du son et de la couleur et de les agencer dans un montage qui utilise les codes narratifs et plastiques du cinéma. Mais ce sont là, pour nous, les conditions indispensables à une compréhension de l’Histoire par le plus grand nombre.
« Le noir et blanc reste à mon sens une amputation de l’image originelle. Amputation d’information, de donnée, de sensibilité, de lisibilité. »
Le commentaire oscille entre une certaine distance pédagogique et un style plus personnel, ce qui est rare pour un documentaire historique. Comment s’écrit-il ?
Isabelle Clarke : Le style du commentaire vient de notre méthode de travail. Il
ne s’agit pas de plaquer des mots sur un montage tout fait ou, à l’inverse,
d’adapter le film à un texte préexistant. Daniel Costelle écrit le commentaire
avec les images, directement au moment du montage. Nous sommes ainsi constamment
en train d’ajuster, de préciser, d’hésiter, de recommencer, ce qui n’est pas
sans tension pour toute notre équipe ! Images et textes s’écrivent patiemment en
commun.
Daniel Costelle : Le commentaire a une valeur pédagogique, mais surtout, encore une fois, cinématographique, comme un jeu de réponses, de correspondances avec les images, de manière à assurer au film sa dimension spectaculaire, son émotion. Quand j’imprime mon commentaire en salle de montage, je le fais également en pensant à la voix de Mathieu Kassovitz, aux intonations qu’il placera plus tard sur telle ou telle image. Et, de fait, quand il vient enregistrer la voix off, se crée une nouvelle alchimie qui apporte au documentaire un souffle nouveau, parfois inattendu, toujours pertinent.
Isabelle Clarke : Nous sommes très heureux qu’il ait accepté une fois de plus de dire pour nous ce commentaire. Son implication n’est pas seulement celle d’un acteur. Il participe pleinement au ton du film. Il s’implique totalement dans le projet.
Daniel
Costelle : L’adhésion de Mathieu Kassovitz est un grand honneur pour nous. Il
accepte de mettre sa personnalité, son univers au service d’Apocalypse. Nous lui
devons énormément.
De même que Mathieu Kassovitz, vous retrouvez pour ce nouveau volet le
compositeur japonais Kenji Kawaï…
Daniel Costelle : Sa musique fait partie intégrante du projet. Ce mélange de
cordes, de percussions et de musique électronique, nourri de son impressionnante
carrière – notamment des mangas comme Ghost in the Shell ou des films
fantastiques comme Ring ou Avalon –, apporte une modernité, une intensité, qui
sont pour beaucoup dans le succès d’Apocalypse.
Isabelle Clarke : Nous lui sommes d’autant plus reconnaissants de ces nouvelles
partitions qu’il les a composées alors que le Japon subissait le drame de
Fukushima. Le bouleversement qu’il a vécu a certainement guidé son écriture. Les
musiques d’Apocalypse, Hitler portent une gravité, une force qui s’inscrivent
parfaitement dans le drame que nous racontons.
Propos
recueillis par Cyrille Latour
Communiqué de presse France 2 - 20 septembre 2011 - www.sondageonstv.com
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