Aïcha , un job à tout prix - France 2 - Fiction - Mercredi 2 mars 2011 - S'abonner à sondageonstvcom sur Twitter -

 

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Fiction de Yasmina Benguigui. Avec Aïcha (Sofia Essaïdi), Monsieur Bouamaza (Amidou), Madame Bouamaza :(Rabia Mokeddem), Malika Farida (Khelfa), Biyouna (Biyouna), Nedjma (Shemss Audat), Liza (Priscilla Attal), Farida (Linda Bouhenni), Patrick (Axel Kiener), Albane Granger (Cyrielle Clair), Gloria (Saïda Jawad), Abdel (Bibi Nacéri), Docteur Assoussa (Isabelle Adjani), Bernard Montiel (Bernard Montiel). Diffusion de « Aïcha » le mercredi 3 août 2011 sur France 2.

Crédit Photo : France 2

 

 

Aïcha, un job à tout prix - Chronique TV

Aïcha a trouvé un stage dans un groupe de cosmétiques qui dispose d’une antenne non loin du quartier de la famille Bouamaza en Seine-Saint-Denis. Elle partage un espace « bureau » avec  Gloria, une jeune femme de son âge, mais d’origine espagnole. Aïcha cache toujours à sa famille, son petit ami Patrick non musulman, fils de l’ancien maire de la ville et chargé en tant qu’urbaniste à déconstruire la ghettoïsation. Aïcha s’inquiète pour sa sœur Nedjma qui a atterri dans un fast-food Halal, malgré un bac +5. Nedjma se cherche une identité plus respectée de l’ordre social établi. Elle décide d’embrigader des jeunes femmes converties et de devenir une porte-parole aux yeux de tous, mais surtout des médias. En langage d’aujourd’hui : faire le buzz. Le père d’Aïcha commence à douter de la fidélité de sa femme, depuis qu’elle a raté son permis de conduire. L’examinateur d’origine chinoise ce jour-là, lui a recommandé d’être plus zen en pratiquant la méthode du « petit lotus ». La bonne nouvelle dans ce tumulte familial, mais au combien chaleureux, est qu’Aïcha se voit confier d’organiser un défilé de coiffure afro dans son quartier. L’objectif est de fidéliser les femmes aux cheveux frisés. Aïcha va-t-elle démêler tous les obstacles de sa vie quotidienne ?

N’ayant pas vu le premier volet « Aïcha » qui avait réuni 5,3 millions de téléspectateurs, le 13 mai 2009 sur France 2, un record d’audience pour un téléfilm, j’aurai donc un regard neuf d’une personne qui découvre cette suite. Bien entendu, le face à face entre Éric Zemmour et la réalisatrice Yasmina Benguigui dans l’émission « On n’est pas couché » le 21 février 2011 qui a suscité le « buzz », ne doit pas faire des interférences dans la suite de cette chronique.

« Aïcha » aborde différents sujets en rapport à la chape de plomb qu’impose la pratique d’une religion au sein d’une famille algérienne. Ici, il est question des musulmans à travers différentes générations où l’islam a son emprise, plus où moins, suivant le cours de l’histoire des années 60’ à nos jours. La comédie est présente, mais se traduit plus par une série de mini sketchs. La séquence de la caméra où de jeunes femmes expliquent ce qui les amène à se convertir prête à sourire. Une façon aussi de dédramatiser ce choix perçu aux yeux de l’opinion publique non musulmane comme inquiétant. La réalisatrice n’évoque pas le côté obscur de l’intégrisme, leitmotiv de toutes pratiques religieuses poussées à l’excès où sous la coupe patriarcale. « Aïcha » se veut être plus sur le ton de l’humour, de la dérision. Les clichés sont un peu trop présents au fil du récit, et ne laisse aucune place à une vie quotidienne loin du communautarisme « religieux ». L’essentiel est de ne pas savoir d’où l’on vient, mais où l’on va, non ?

« Aïcha, un job à tout prix » ne propose pas vraiment de piste sociale face au rouleau compresseur de la mondialisation. A trop vouloir aborder plusieurs thèmes à la fois, on les survole en définitive. C’est l’impression que cela donne à la fin des 90 minutes de ce téléfilm. La série est prévue en six volets, souhaitons que les derniers évènements de Tunisie, d’Egypte suscitent une autre source d’inspiration à Yasmina Benguigui. Les nouvelles générations du Moyen-Orient aspirent à plus d’ouverture, plus de liberté d’expression, aux réseaux sociaux plutôt qu’à des applications « religieuses » rabâchées !

 Phil Marso – Mercredi 2 mars 2011

AUDIENCE - AÏCHA, UN JOB A TOUT PRIX

Aïcha, un job à tout prix se classe en troisième position en matière d'audience avec 3,9 millions de téléspectateurs de moyenne. Si ce deuxième volet résiste face à la série Grey's Anatomy (5,8 millions - TF1) et Bones (4,1 millions - M6). Néanmoins,  « Aïcha, un job à tout prix » perd 1,4 million de téléspectateurs par rapport au 1er épisode.

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Propos de Yasmina Benguigui

« Quel prix chacun de nous est-il prêt à payer pour obtenir un job ? En banlieue, certains doivent payer  le prix fort, le prix de leur identité pour entrer dans le monde du travail, parfois en changeant leur adresse, en renonçant à leur nom, ou en dissimulant leurs origines.

Dans cette seconde aventure d’Aïcha , j’ai choisi de mettre au centre de l’action le « job à tout prix »,la recherche sans relâche du travail, du stage au CDI, denrée rare de l’autre côté du périph ’,et d’y  confronter tous es personnages.

Cette problématique me touche beaucoup,pour y avoir consacré plusieurs années de travail, car l’accès au « job » est le socle,le fondement de notre construction de citoyen. Elle est aussi à la source de toutes les quêtes identitaires dans ces territoires où les ghettos se sont enkystés,avec leurs habitants  assignés à résidence,et leurs jeunes diplômés qui n’obtiennent pas même l ’opportunité d ’un stage. Là où, comme le dit un de mes personnages, « la caravane du travail ne passe plus ou si peu ».

J’ai ancré Aïcha et sa famille élargie sur le territoire de la Seine-Saint-Denis, dans ce département qui est un des plus riches de France et où, paradoxalement, vit une des populations les plus pauvres.  Entourée des siens, Aïcha va vivre ses premiers contacts avec l’entreprise et va devoir affronter les  pièges de la rivalité professionnelle lorsqu ’il n’y a qu ’une place pour deux.

J’ai choisi d’aborder la question de la recherche identitaire à travers le personnage de Nedjma, la cousine d’Aïcha, à la tête d’un groupe de femmes récemment converties à l’islam. En effet, j’ai souhaité évoquer, avec humour et dérision, ce phénomène, nouveau et complexe, qu’est la décision pour ces jeunes françaises de se voiler. Aïcha se veut être un fragment de cette mosaïque multiculturelle qu’est la France d’aujourd’hui.

Yamina Benguigui

Communiqué de presse France 2 - 27 janvier 2011

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